Préface à la réédition de 2005 :
Recueilli auprès d’une vieille mineuse naine résidant dans les galeries d’exploitation du site argentifère du Huelgoat, ce morceau présente la particularité, étonnante dans cette location géographique, de n’être composé en aucune langue naine, ni en bas-breton, mais, au contraire, en langue française de dialecte gallo.
Patris Meallier
(sur l’air des “filles des forges”)
Diguedignedondon ce sont les Nains des
mines,
Diguedignedondon ce sont les Nains des mines,
Des mines de Moria, diguedignedondaine,
Des mines de Moria, diguedignedonda,
Des mines de Moria, diguedignedondaine,
Des mines de Moria, diguedignedonda !
Diguedignedondon (ils) s’en vont
trouver leur clerc,
(bis)
Biclassé forgeron, diguedignedondaine,
Biclassé forgeron, diguedignedondon.
(bis)
Diguedignedondon contez-moi vos prouesses,
(bis)
Dans vos derniers donjons, diguedignedondaine,
Dans vos derniers donjons, diguedignedondon.
(bis)
Diguedignedondon nous avons tué
mille Orques,
(bis)
Occis deux cent démons, diguedignedondaine,
Occis deux cent démons, diguedignedondon.
(bis)
Diguedignedondon voici de beaux faits
d’armes,
(bis)
Quelles furent vos distractions, diguedignedondaine,
Quelles furent vos distractions, diguedignedondon ?
(bis)
Euh... Diguedignedondon... nous capturions
des Elfes...
(bis)
...Et... les... sodomisions, diguedignedondaine,
Et les sodomisions, diguedignedondon !
Et les sodomisions, diguedignedondaine,
Et les sodomisions, diguedignedondon !!!
Notes :
Comme pour toute poésie populaire, il peut exister divers arrangements musicaux, et diverses manières de chanter les « Nains des mines ».
A la manière d’autres chants bretons, il est possible, et moins fatigant, de chanter en se répondant : un ou plusieurs chanteurs entonnent le premier vers de chaque couplet, les autres répondent en le répétant (ce qui est le second vers), puis le ou les premiers chantent les 3e et 4e vers, et les autres les répètent (chantant ainsi les 5e et 6e vers).
En principe, le second vers de chaque couplet se chante sur le même ton que le premier (dont il est la répétition). Par contre, et comme pour les “filles des forges”, il est préférable de chanter les 5e et 6e vers sur un ton différent du 3e et du 4e. L’effet en est alors bien plus joli. Ceci peut toutefois être négligé en initiation, lorsque trop peu de chanteurs connaissent la chanson.
Les chanteurs peuvent également s’adapter aux évènements décrits par les paroles : par exemple, au quatrième couplet, en chantant fièrement lorsqu’ils parlent de leurs ennemis tués ; et d’un air admiratif, puis soupçonneux, lorsque le clerc-forgeron s’exprime dans le cinquième couplet ; puis, au sixième couplet, d’une voix d’abord lente et hésitante (les Nains étant un peu gênés), qui s’accélère brusquement à « sodomisions » et conclut la chanson à un rythme effrené. Il est d’ailleurs possible de répéter de nombreuses fois, sur des tons différents et jusqu’à épuisement total de l’assistance, les tout derniers vers du sixième couplet.
Il est possible également de chanter les « Nains des mines » en canon, ou d’autres façons originales. De même, les chanteurs peuvent mimer tous les évènements décrits, ce qui contribue alors à rendre l’ambiance hautement festive, notamment à la fin. Par ailleurs, il peut exister des variantes différentes ou locales de ce très vieux chant traditionnel.